A tout hasard, qui sait ?
Lorsque je garde la chambre, abandonnée à moi-même, je cherche la beauté qui se cache dans les mots anodins que j’emploie à agencer au gré de mes fantaisies.
La série de miroirs que forme mes écrits n’a rien de dangereux, tout cela n’est qu’un jeu. Ceux qui ont peur des mots n’ont qu’à détourner le regard. Ecrire est illusoire.
Ecrire est insensé, il suffit d’oser. Se connaître mortel et puis tout essayer.
Il m’est arrivé de croiser des amis de plume mais l’escalier vertigineux de l’écriture se franchit toujours seul. Je suis seule. Attachée, arrimée, liée à cet acte pernicieux car je deviens ogresse et mon inspiration peut se nourrir du moindre de vos gestes, d’une pensée balayée, d’un rictus, d’un rien.
L’histoire n’est que prétexte, je cherche la musique. Je fuis tout morale et je m’attache au style. J’ai accepté l’idée d’écrire pour la beauté, écrire pour le panache, écrire par snobisme si vous voulez, écrire pour rien. Gratuitement.
A la naissance de cette passion, une paresse que je cultive en travaillant comme une damnée. Ne croyez pas à une contradiction, j’y vois une ambition.
Je regarde par le trou de la serrure une blessure qui ne cesse jamais de se régénérer.
Ecrire, c’est un peu de magie qu’il me faut déployer.
Le temps, les visages, la vie toujours plus forte, la mort qui m’ennuie, la vie qui jaillit, de partout, d’un seul cri, d’une larme, d’une colère voire d’une révolte, je veux l’écrire encore.
Sur la rose séchée de mon petit carnet, sur ce caillou pointu que je conserve dans mes souliers, sur un verre de vin que je lève à votre santé. .
Et puis cette agonie que je me crée, c’est encore la vie, celle que j’écris; qui ne vaut pas grand chose mais qui existe, tel ce papillon de nuit, inutile, éphémère, sans beauté ni saveur. Mais vivant. Il surgit dans la nuit, toujours de nulle part, il arrive par hasard, se heurte méthodiquement à son instant de lumière et se volatilise en un grain de poussière.
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