Monologue du Pendu

2 Comments

- Qu’est-ce que tu cherches ?
Je ne sais pas.
- Qu’est-ce que tu veux ?
Ce que je ne peux pas.
- Pourquoi tu vis ?
J’n’ai pas choisi.
- Pourquoi tu meurs ?
Parc’ que j’ai peur
- Qu’est-ce qui t’arrête ? Qu’est-ce qui t’empêche ?
Toutes ces questions, l’aliénation.
Et ces ornières dans ma maison.
Le camp du oui, le camp du nom
Et l’étiquette sur mon prénom…
- Pourquoi pas le changer ?
Pour cette foutue fidélité
- Tu vois bien qu’à part toi, personne ne te condamne…
Là est le drame
- La malédiction t’attire autant que ça ?
Je tuerai père et mère pour un bon mot trouvé
- Ils sont morts, déjà
Je le ferai encore !
- Alors, tu déraisonnes, je ne peux rien pour toi
Retourne à ta besogne, j’ai pas besoin de toi
- Tu ne le penses pas
Tu ne me connais pas
- Tu te trompes, là aussi, puisque je t’ai choisi
Je ne cherche aucune aide, tous ces appuis m’ennuient
- On ne vit pas comme ça…
Je me tue à le dire
- Tu as droit au bonheur
Pas tant que les gens pleurent
- Je t’en supplie, renonce
Adieu, j’y vais, je fonce
Je t’aurai prévenu : la corde du pendu n’est qu’un cordon ombilical qu’à ta vie tu trimbales, un p’tit bout de bolduc qui emballe le cadeau que tu n’as pas voulu..

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2 Responses to “Monologue du Pendu”


  1. sophie lucide

    tiens, j’avais pas vu ce com… merci Stipe, mais tu parles bien de dieu, fumeur de havane, pas l’usurpateur?

  2. stipe

    superbe, j’adore l’arythmie de la forme et du fond.
    Et figure-toi que même Dieu (Dieu, c’est quand même pas n’importe quel connard qui passe !!) ben même lui a repris ta dernirèe phrase…