4 Comments juillet 12th, 2010 by sophie lucide

C’est une île Manon
Une île imaginaire
Nul n’en a la clé
Envolée
Dans ses rires de grelots
C’est l’horizon Manon
Comme une ligne de démarcation
Entre la peur et l’imagination
Dans les yeux de Manon
C’est un champ de blé Manon
Un jour venteux d’été
Où l’on ne peut faucher
Les cheveux de Manon
C’est aussi toutes les saisons
Toutes les couleurs
Les barrières de la raison
C’est tous les éléments
L’eau de ses larmes qui coulent
Sur les vallées de ses joues en feu
Et qui déboulent
A l’orée de sa bouche rosée
Aussitôt avalées
Dans un rire cristallin
Le rire de Manon
Ce sourire
Sa main
Demain
2 Comments juin 29th, 2010 by sophie lucide
Le sédentaire quittant le cimetière au lever de la nuit
Pressait du talon les plants de pissenlits
L’espoir collait à l’herbe ses petits pistils
Hors de la chaussette gisait le cauchemar de l’urne
Qu’entourait le souffle vague du filleul de Satan
L’acuité se dissimulait contraire au vent
Du Temps qui Passe
Et s’échouait en pesant chaque heure de chaque semaine
Le vieil homme voulait qu’on le devinât bien et de face
Serais-je offerte au fonctionnaire de l’amour-mort
Et de la ligne noire sous forme blanche que vous ne nommez pas oubli
Les cendres s’éteignaient brusquement loin des saules pleureurs
L’homme éclairé se pencha sur la voie de chemin de fer
Dans le hall de la gare les silences se faisaient obliques
Les parjures de jour semblaient d’abord rendus :
Les poissons séculaires les coups de poing dans l’eau
S’écartaient au bassin du vieillard disgracieux
Attrapé sur le fil des opaques rancœurs
Une usine se fermait chaque nuit
A la porte on liquidait tout espoir d’avenir
Et tout le monde survivait maintenant grâce aux aides gouvernementales
Des menteurs qu’on ne sait s’ils sont plus froids que les réalités tombales
Les autres contrairement à l’homme commençaient à voler
Par delà la haine il ne sort qu’un soupçon de souffrance
Mais rien ne la divise
J’ai actionné la sirène du premier mercredi du mois
Mais le ver qui rampait sous la plante aliénée
Un jour loin de la vision de Jean Jaurès
M’a caressé la peau muant comme un lézard
Sophie Lucide, a-t-il gueulé, dégage !
2 Comments mai 16th, 2010 by sophie lucide
- Qu’est-ce que tu cherches ?
Je ne sais pas.
- Qu’est-ce que tu veux ?
Ce que je ne peux pas.
- Pourquoi tu vis ?
J’n’ai pas choisi.
- Pourquoi tu meurs ?
Parc’ que j’ai peur
- Qu’est-ce qui t’arrête ? Qu’est-ce qui t’empêche ?
Toutes ces questions, l’aliénation.
Et ces ornières dans ma maison.
Le camp du oui, le camp du nom
Et l’étiquette sur mon prénom…
- Pourquoi pas le changer ?
Pour cette foutue fidélité
- Tu vois bien qu’à part toi, personne ne te condamne…
Là est le drame
- La malédiction t’attire autant que ça ?
Je tuerai père et mère pour un bon mot trouvé
- Ils sont morts, déjà
Je le ferai encore !
- Alors, tu déraisonnes, je ne peux rien pour toi
Retourne à ta besogne, j’ai pas besoin de toi
- Tu ne le penses pas
Tu ne me connais pas
- Tu te trompes, là aussi, puisque je t’ai choisi
Je ne cherche aucune aide, tous ces appuis m’ennuient
- On ne vit pas comme ça…
Je me tue à le dire
- Tu as droit au bonheur
Pas tant que les gens pleurent
- Je t’en supplie, renonce
Adieu, j’y vais, je fonce
Je t’aurai prévenu : la corde du pendu n’est qu’un cordon ombilical qu’à ta vie tu trimbales, un p’tit bout de bolduc qui emballe le cadeau que tu n’as pas voulu..
3 Comments avril 6th, 2010 by sophie lucide
écrit avec Slévich, il y a deux ans. Merci à lui.
Le cristal réfléchit tes rêves décantés,
Réfracte ton regard dans de sombres brillances :
Sur l’ombre de tes pleurs, espoirs de vérités.
Tes propos liquoreux subliment tes errances,
Gémissements fœtaux de ton esprit chétif
Bénissant le whisky de boire à tes absences.
Tu conjures grisé par ton fiel expansif
Au comptoir des amis dont le regard dévie,
Tout en te resservant un « santé ! » bien oisif.
Ammoniacs, vomis pour cocktail de l’envie
De saouler ton passé dans le bar de ton cœur
Où tu voudrais remplir le verre de ta vie.
L’alcool, comme un buvard pour ta folle rancœur.

2 Comments avril 5th, 2010 by sophie lucide
J’entends une musique
Cristalline et sophistiquée
Echos contrariés à la clé de Sol
Take a walk on a wild side
Savant alliage d’un alchimiste
J’engage une partition
Autour d’un verbe que je décline
When I miss You
Tempo expérimental
Mêmes notes nouveau concept
J’enlace une douce menace
Is the nature of my game
Le temps de l’espace (et inversement)
Les lieux les visages
Dessinent la même histoire
Songs in the keys of life

Add a comment avril 1st, 2010 by sophie lucide
A toi le trublion
J’poste au revers de ton plastron
un magma informe de poème
déclaration ou anathème !
Je n’prendrai donc aucun gant
piétin’rai pas le goéland
l’laiss’rai filer au gré du vent …
Dans ma tignasse ébouriffée
où chaque pou est une fée,
souffera l’air que j’entonne
qui me bastonne
Eclosion lente des aléas
Au diapason quand tu es là ;

4 Comments décembre 6th, 2009 by sophie lucide
La nuit dégouline de beauté. Toutes ces étoiles convoquées…
Et cette lune extravagante dans le ciel encre de mes pensées
Si je me couche avant l’aurore, quand passerai-je sur l’autre bord
Fermer les yeux sur cet orange ; papiers violets de volupté
Pattes de mouche déshabillées en entrechats distingués
Exercices de style sur demain ajourné
Ici s’étale pâle impudeur horizontale, un blâme
Retirer son chapeau devant les aristos, saluer les vains mots du passé, s’encanailler sur des succès…
Papillonner
Dans le cocon bien chaud douillet où j’ai garé une drôle d’idée
Silence- démo au congélo
Choix d’une rime en placébo
Zéro

Add a comment décembre 4th, 2009 by sophie lucide
Une nuit Luna Vide parlait à sa pipe:
» Shalom, vaste pousse de débile oppulence
Sur toi j’appuie mes vers, messire qui me bippe,
Mue de coléoptère vêtu d’indifférence!
Je ne sais quand le col s’ouvrira sous la lame
De joie, le beurre se moule délicatement
Pour changer la résine en choisissant sa came
Bien que mon âme habile l’ignore royalement
Le plomb coule dans mes veines tandis que je m’élève
Aussi légère qu’une fade verveine
Qui brûle les mots qui fondent sur ma langue
Pour se désagréger au coeur sans foi d’alexandre
Les vois-tu ces phrases dillétantes
S’aligner sagement tandis que je m’oublie?
Les allitérations me serviront de lit
Quand des assonances je descendrai la pente
J’éteindrai le feu de l’homme-kiravi
Soulignerai de bleu les cernes de la fille
Donnerai même aux vieux l’illusion d’une joie
Qui arrive de nulle part pour partir en éclats
Et moi, revigorée par la nouvelle sève
Que je ferai couler au tranchant du canif
Je pourrais toujours dire que le seul fautif
C’est la tête de litote qui s’est prise dans un rêve »

2 Comments août 24th, 2009 by sophie lucide
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Un serment tacite a trahi l’oraison muette qui
s’est envolée
je pose un doigt sur chaque miette,
pour empêcher la musique de monter
trop haut.
Un roman s’est enfoui dans le gris parfumé
du néant
les mots ont absorbé le vide
quand tout a été dit
écrit
et je ne veux pas suivre
imprimer le dégoût
trop tôt.
Un amant a surgi au hasard de la brume
électrisée je fume
mais aucun opiacé n’égale son évocation
tutoie sa déraison,
l’homme sans âge est l’avenir d’une imagination
déroute
son visage invisible a caressé mes doutes
déveine
son dédain a soulevé une tempête
inerte
Un moment j’ai pensé relâcher cet oiseau qui
doit rester sauvage
mais je suis trop faible, alors je le conserve
encore un peu
pour qu’il siffle le matin quand je dors.
qu’il me parle du temps et de chaque élément,
dont je me contrefous
Un jour je saurai qu’il est temps,
je pourrai l’étouffer
entre deux de mes doigts, je le tiendrai
comme une cigarette
je retiendrai un souffle
il ne sentira rien
il laissera simplement s’échapper le secret
j’en aurai bien fini avec ses simagrées
c’est trop con un oiseau
c’est trop beau,
j’en veux pas,
j’en veux plus
Add a comment août 21st, 2009 by sophie lucide
Mort à l’amour-amour à mort
Et dans l’instant suivre l’instinct
Soulagement-Soulages ment
Sous-femme en attendant
Assassin de mon âme aveugle
Liras-tu mon aveu Belliqueux ?
Il existe un amour absolu :
Néant-nez en l’air-larme au vent
Eviter la rencontre- Vite !
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