4 Comments décembre 6th, 2009 by sophie lucide
La nuit dégouline de beauté. Toutes ces étoiles convoquées…
Et cette lune extravagante dans le ciel encre de mes pensées
Si je me couche avant l’aurore, quand passerai-je sur l’autre bord
Fermer les yeux sur cet orange ; papiers violets de volupté
Pattes de mouche déshabillées en entrechats distingués
Exercices de style sur demain ajourné
Ici s’étale pâle impudeur horizontale, un blâme
Retirer son chapeau devant les aristos, saluer les vains mots du passé, s’encanailler sur des succès…
Papillonner
Dans le cocon bien chaud douillet où j’ai garé une drôle d’idée
Silence- démo au congélo
Choix d’une rime en placébo
Zéro

Add a comment décembre 4th, 2009 by sophie lucide
Une nuit Luna Vide parlait à sa pipe:
» Shalom, vaste pousse de débile oppulence
Sur toi j’appuie mes vers, messire qui me bippe,
Mue de coléoptère vêtu d’indifférence!
Je ne sais quand le col s’ouvrira sous la lame
De joie, le beurre se moule délicatement
Pour changer la résine en choisissant sa came
Bien que mon âme habile l’ignore royalement
Le plomb coule dans mes veines tandis que je m’élève
Aussi légère qu’une fade verveine
Qui brûle les mots qui fondent sur ma langue
Pour se désagréger au coeur sans foi d’alexandre
Les vois-tu ces phrases dillétantes
S’aligner sagement tandis que je m’oublie?
Les allitérations me serviront de lit
Quand des assonances je descendrai la pente
J’éteindrai le feu de l’homme-kiravi
Soulignerai de bleu les cernes de la fille
Donnerai même aux vieux l’illusion d’une joie
Qui arrive de nulle part pour partir en éclats
Et moi, revigorée par la nouvelle sève
Que je ferai couler au tranchant du canif
Je pourrais toujours dire que le seul fautif
C’est la tête de litote qui s’est prise dans un rêve »

1 Comment septembre 1st, 2009 by sophie lucide
Le sédentaire quittant le cimetière au lever de la nuit
Pressait du talon les plants de pissenlits
L’espoir collait à l’herbe ses petits pistils
Hors de la chaussette gisait le cauchemar de l’urne
Qu’entourait le souffle vague du filleul de Satan
L’acuité se dissimulait contraire au vent
Du Temps qui Passe
Et s’échouait en pesant chaque heure de chaque semaine
Le vieil homme voulait qu’on le devinât bien et de face
Serais-je offerte au fonctionnaire de l’amour-mort
Et de la ligne noire sous forme blanche que vous ne nommez pas oubli
Les cendres s’éteignaient brusquement loin des saules pleureurs
L’homme éclairé se pencha sur la voie de chemin de fer
Dans le hall de la gare les silences se faisaient obliques
Les parjures de jour semblaient d’abord rendus :
Les poissons séculaires les coups de poing dans l’eau
S’écartaient au bassin du vieillard disgracieux
Attrapé sur le fil des opaques rancœurs
Une usine se fermait chaque nuit
A la porte on liquidait tout espoir d’avenir
Et tout le monde survivait maintenant grâce aux aides gouvernementales
Des menteurs qu’on ne sait s’ils sont plus froids que les réalités tombales
Les autres contrairement à l’homme commençaient à voler
Par delà la haine il ne sort qu’un soupçon de souffrance
Mais rien ne la divise
J’ai actionné la sirène du premier mercredi du mois
Mais le ver qui rampait sous la plante aliénée
Un jour loin de la vision de Jean Jaurès
M’a caressé la peau muant comme un lézard
Sophie Lucide, a-t-il gueulé, dégage !
2 Comments août 24th, 2009 by sophie lucide
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Un serment tacite a trahi l’oraison muette qui
s’est envolée
je pose un doigt sur chaque miette,
pour empêcher la musique de monter
trop haut.
Un roman s’est enfoui dans le gris parfumé
du néant
les mots ont absorbé le vide
quand tout a été dit
écrit
et je ne veux pas suivre
imprimer le dégoût
trop tôt.
Un amant a surgi au hasard de la brume
électrisée je fume
mais aucun opiacé n’égale son évocation
tutoie sa déraison,
l’homme sans âge est l’avenir d’une imagination
déroute
son visage invisible a caressé mes doutes
déveine
son dédain a soulevé une tempête
inerte
Un moment j’ai pensé relâcher cet oiseau qui
doit rester sauvage
mais je suis trop faible, alors je le conserve
encore un peu
pour qu’il siffle le matin quand je dors.
qu’il me parle du temps et de chaque élément,
dont je me contrefous
Un jour je saurai qu’il est temps,
je pourrai l’étouffer
entre deux de mes doigts, je le tiendrai
comme une cigarette
je retiendrai un souffle
il ne sentira rien
il laissera simplement s’échapper le secret
j’en aurai bien fini avec ses simagrées
c’est trop con un oiseau
c’est trop beau,
j’en veux pas,
j’en veux plus
Add a comment août 21st, 2009 by sophie lucide
Mort à l’amour-amour à mort
Et dans l’instant suivre l’instinct
Soulagement-Soulages ment
Sous-femme en attendant
Assassin de mon âme aveugle
Liras-tu mon aveu Belliqueux ?
Il existe un amour absolu :
Néant-nez en l’air-larme au vent
Eviter la rencontre- Vite !
watch?v=ROBwH-cDu08
Add a comment août 19th, 2009 by sophie lucide
Ta vieillesse dessine un lumineux ciel bleu
Vallonné en dentelles par une lune sombre
L’horizon sur l’ennui a pansé au milieu
Des arcs candélabres qui allongent ton ombre
Voici qu’apprivoisée tu chéris la sagesse
Effaçant au matin tes rêves de héros
Tenir un jour encore jusqu’à ce que la nuit cesse
C’est ici-même que gît le royaume d’Eros
Tu tueras le désir à chaque cheveu blanc
Tu oublieras de rire tu fais déjà semblant
Et puis finalement tu sortiras vainqueur
S’il s’agit de réussir sa mort plus que sa vie
Suffit-il d’oublier les battements de son cœur
Pour qu’enfin se disperse un trop grand appétit ?
2 Comments juillet 26th, 2009 by sophie lucide
Une étrange attirance
Troublante
Traite l’inspiration
Sans raison
Ricochets musicaux
Avec rires en écho
Évasions aériennes
Dans une méridienne
Continue reading ‘La diagonale du fourgb’
4 Comments juillet 21st, 2009 by sophie lucide
J’pourrais mourir maintenant
M’ouvrir à l’inconnu
Quand viendra la musique
A mon corps défendant
Et mon cœur mis à nu
J’saut’rai sur l’élastique
J’regarderai les gens
j’jouerai au funambule
J’pourrais mourir maintenant
Puisque cent mille lunes
Ont dessiné la dune
Dès que je me suis tue
Puisque l’océan roi
S’est changé en maison
Et que les vagues battent
Sur la plage éclatée
Puisque l’étoile m’enrobe
Et qu’il est déjà tard
Puisque j’ai tout gardé
Que j’en garde le goût
Pas question qu’j’me dérobe
J’me fie pas au hasard
Je pourrais en finir
Car j’ai connu tes lèvres
Au goût de paradis
Car je n’oublierai pas
Les pieds et poings liés
Qui font battre mes veines
Ancêtres aliénés
Tandis que je suis reine
Et puis d’autres nazis
Ceux qui font que je hais
Ce dont je suis le fruit
Dans la guerre et la paix
Car on m’a faite mère
Que j’ai crée les vagues
J’ai bercé deux bébés
Car j’ai roulé mes joints
Tourné la manivelle
Même écrit des poèmes
Où je me disais « celle »
Que tu reconnaîtras
Hirondelle ou Horla
Peu m’importe, je suis là
J’pourrais mourir maintenant
Avant de m’être usée
J’en rajoute une couche
Et mon corps au matin
Renaîtra dans les cieux
ça n’serait pas malin…
Alors je reste au pieu
J’pourrais peut-être mourir
Si je n’étais hantée
Par ton regard cruel
Que dessine la peur
Par la page, mon bagne
Par la phrase, la dernière
Par cet agitateur
Qui fait battre mon cœur
Par tous les faux semblants
Faire encore un effort
Pour faire taire les ânes
Raviver les couleurs
Revenir au château
Rallonger cette liste
Retourner sur la piste
Revivre chaque odeur
Accepter d’rien savoir
Et n’avoir rien à vendre
Me faire un jour si tendre
Que même le désespoir
M’barr’rait plus le chemin
J’aurais plus peur de rien
J’trouv’rais que rien ne cloche
Quand je s’rai dans tes bras
Plus la moindre anicroche
J’pourrais mourir maintenant
Oui monsieur oui madame
Mais j’vous sens empâté
Est-ce moi qui vous tourmente
Ou est-ce l’eau de vie
J’pourrais mourir maintenant
J’ai rien à regretter
Sauf d’aimer trop la vie…
5 Comments avril 30th, 2009 by sophie lucide
Tout est confus dans sa tête, y’a comme des miettes.
De voyelles enluminées arabesques dispersées
Des désirs obscurcis par son manque d’appétit
Des envies devinées aussitôt alourdies
Tout se confond dans sa tête
Inattention, étourderies
Il est parti
Tout
Est
En
Mi
Et
T
E
S
Il
Exerce
Le métier
D’interprète
Mais sa pensée l’arrête
Barricades alignées, dans sa tête un bourbier
De voyelles enluminées arabesques dispersées
Tout est confus dans sa tête, y’a comme des miettes
Add a comment avril 10th, 2009 by sophie lucide
http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=jK7bHaBWPV4
Comme j’aimerais pouvoir écrire le plus beau des poèmes sur la plus belle des musiques !
Sept minutes et vingt trois secondes pour inventer un monde où je ne bannirai aucune émotion, de la plus forte à la plus vile, de la plus douce à la plus vaine, sur tous les tons, sur tous les rythmes, à chaque étage et pour chaque âge.
Si Schubert y parvient avec huit notes, vingt-six lettres devraient me contenter…..
Mais mon clavier ne résonne pas, est-ce que je raisonne trop ? Sous les touches noires la page reste blanche ; mes notes semblent usées, croche croche noire…
J’ai beau appuyer sur la pédale, que dalle ! Je suis marteau, mais sans feutrine, écrire le beau en la bémol, goût d’aristo ? Je deviens folle.
Je ne suis pas musicienne et j’aboie comme une chienne, à m’entraver dans ma propre corde sensible qui ne vibre pas, qui au mieux sait se tendre mais qui ne touche pas. Qui ne sait être tendre par delà cet ivoire quand je montre les dents ! Insensible au vibrato, trémolo j’verse dans le staccato en allant crescendo, seule je monte sans palier à cette impuissance qui ne produit plus rien. Sans tambour, ni trompette ma voix s’est enrayée et la voie s’est bouchée à force de trop fumer ou de trop fulminer.
Je suis Sol : pas solaire, terre à terre. A gratter toujours la même croûte pour voir le sang perler, goutte à goutte. Coûte que coûte je m’obstine à révéler autre chose que ce goût que je connais par cœur, je cherche la note qui m’accordera. Il est où l’aveugle à canne blanche qui me fait broyer du noir ?