Archive for the 'poèmes' Category

La-Mi

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Ta vieillesse dessine un lumineux ciel bleu

Vallonné en dentelles par une lune sombre

L’horizon sur l’ennui a pansé au milieu

Des arcs candélabres qui allongent ton ombre

Voici qu’apprivoisée tu chéris la sagesse

Effaçant au matin tes rêves de héros

Tenir un jour encore jusqu’à ce que la nuit cesse

C’est ici-même que gît le royaume d’Eros

Tu tueras le désir à chaque cheveu blanc

Tu oublieras de rire tu fais déjà semblant

Et puis finalement tu sortiras vainqueur

S’il s’agit de réussir sa mort plus que sa vie

Suffit-il d’oublier les battements de son cœur

Pour qu’enfin se disperse un trop grand appétit    ?

La diagonale du fou

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Une étrange attirance
Troublante
Traite l’inspiration
Sans raison

Ricochets musicaux
Avec rires en écho
Évasions aériennes
Dans une méridienne
Continue reading ‘La diagonale du fourgb’

J’pourrais mourir maintenant … (hommage à Boris Vian)

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J’pourrais mourir maintenant
M’ouvrir à l’inconnu
Quand viendra la musique
A mon corps défendant
Et mon cœur mis à nu
J’saut’rai sur l’élastique
J’regarderai les gens
j’jouerai au funambule
J’pourrais mourir maintenant
Puisque cent mille lunes
Ont dessiné la dune
Dès que je me suis tue
Puisque l’océan roi
S’est changé en maison
Et que les vagues battent
Sur la plage éclatée
Puisque l’étoile m’enrobe
Et qu’il est déjà tard
Puisque j’ai tout gardé
Que j’en garde le goût
Pas question qu’j’me dérobe
J’me fie pas au hasard
Je pourrais en finir
Car j’ai connu tes lèvres
Au goût de paradis
Car je n’oublierai pas
Les pieds et poings liés
Qui font battre mes veines
Ancêtres aliénés
Tandis que je suis reine
Et puis d’autres nazis
Ceux qui font que je hais
Ce dont je suis le fruit
Dans la guerre et la paix
Car on m’a faite mère
Que j’ai crée les vagues
J’ai bercé deux bébés
Car j’ai roulé mes joints
Tourné la manivelle
Même écrit des poèmes
Où je me disais « celle »
Que tu reconnaîtras
Hirondelle ou Horla
Peu m’importe, je suis là
J’pourrais mourir maintenant
Avant de m’être usée
J’en rajoute une couche
Et mon corps au matin
Renaîtra dans les cieux
ça n’serait pas malin…
Alors je reste au pieu
J’pourrais peut-être mourir
Si je n’étais hantée
Par ton regard cruel
Que dessine la peur
Par la page, mon bagne
Par la phrase, la dernière
Par cet agitateur
Qui fait battre mon cœur
Par tous les faux semblants
Faire encore un effort
Pour faire taire les ânes
Raviver les couleurs
Revenir au château
Rallonger cette liste
Retourner sur la piste
Revivre chaque odeur
Accepter d’rien savoir
Et n’avoir rien à vendre
Me faire un jour si tendre
Que même le désespoir
M’barr’rait plus le chemin
J’aurais plus peur de rien
J’trouv’rais que rien ne cloche
Quand je s’rai dans tes bras
Plus la moindre anicroche
J’pourrais mourir maintenant
Oui monsieur oui madame
Mais j’vous sens empâté
Est-ce moi qui vous tourmente
Ou est-ce l’eau de vie
J’pourrais mourir maintenant
J’ai rien à regretter
Sauf d’aimer trop la vie…

Chaos (1)

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Tout est confus dans sa tête, y’a comme des miettes.

De voyelles enluminées arabesques dispersées

Des désirs obscurcis par son manque d’appétit

Des envies devinées aussitôt alourdies

Tout se confond dans sa tête

Inattention, étourderies

Il est parti

Tout

Est

En

Mi

Et

T

E

S

Il

Exerce

Le métier

D’interprète

Mais sa pensée l’arrête

Barricades alignées, dans sa tête un bourbier

De voyelles enluminées arabesques dispersées

Tout est confus dans sa tête, y’a comme des miettes

Impromptu.

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http://www.youtube.com/watch?gl=FR&hl=fr&v=jK7bHaBWPV4

Comme j’aimerais pouvoir écrire le plus beau des poèmes sur la plus belle des musiques !

Sept minutes et vingt trois secondes pour inventer un monde où je ne bannirai aucune émotion, de la plus forte à la plus vile, de la plus douce à la plus vaine, sur tous les tons, sur tous les rythmes, à chaque étage et pour chaque âge.

Si Schubert y parvient avec huit notes, vingt-six lettres devraient me contenter…..

Mais mon clavier ne résonne pas, est-ce que je raisonne trop ? Sous les touches noires la page reste blanche ; mes notes semblent usées, croche croche noire…

J’ai beau appuyer sur la pédale, que dalle ! Je suis marteau, mais sans feutrine, écrire le beau en la bémol, goût d’aristo ? Je deviens folle.

Je ne suis pas musicienne et j’aboie comme une chienne, à m’entraver dans ma propre corde sensible qui ne vibre pas, qui au mieux sait se tendre mais qui ne touche pas. Qui ne sait être tendre par delà cet ivoire quand je montre les dents ! Insensible au vibrato, trémolo j’verse dans le staccato en allant crescendo, seule je monte sans palier à cette impuissance qui ne produit plus rien. Sans tambour, ni trompette ma voix s’est enrayée et la voie s’est bouchée à force de trop fumer ou de trop fulminer.

Je suis Sol : pas solaire, terre à terre. A gratter toujours la même croûte pour voir le sang perler, goutte à goutte. Coûte que coûte je m’obstine à révéler autre chose que ce goût que je connais par cœur, je cherche la note qui m’accordera. Il est où l’aveugle à canne blanche qui me fait broyer du noir ?

Malédiction

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Lorsque, par alibi, vous vous jugez extrêmes
Sortez du cagibi les plus sombres clichés
En tenue amphibie, faites les donc glisser
Tirez sur vos phobies au point qu’elles vous aiment

Enterrez père et mère sans la moindre affliction
Refusez fermement l’alignement par paires
Et fermez dignement les yeux sur le mystère
Clouant idées amères au lieu des digressions

Ne cherchez pas en vain une idée alanguie
Sous peine d’y vautrer vos banales rancœurs
Allez plutôt chercher du côté de vos peurs

Et laissez-vous miner, buvez le petit gris
Le manque d’appétit souligne mieux l’absence
A cet instant maudit peut commencer la danse.

Fantaisies Afghanes

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Assis sur son sofa de nuage
Un journal daté du soir
Qu’il tenait comme un miroir
L’oiseau tournait les pages

Un bûcheron cerné de flammes
Léchant l’arbre centenaire
Il ne pensait qu’à la femme
Automnale et légendaire

Un feu de Bengale en larmes
Au mur des lamentations
Mais dans toute cette agitation
Il ne rêvait qu’à la dame

Un vieux poignard flamboyant
Déchire en deux son cœur fragile
Et laisse monter son âme agile
Battant de l’aile sous le vent

Une forêt de marronniers
Cache sa vision fugitive
Il adore encore la fautive
Qui l’a touché de légèreté

Un champ fané de giroflées
Embaume les sentiers de serpents
Il ferme les yeux en respirant
Ses cheveux noirs tout décoiffés

Le roi des plaines est à genoux
Au creux d’un taillis épineux
Il guette encore et fait le vœu
De se glisser dans les cailloux

Nuit

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Me ferais-tu cette faveur

Nuit, de faire de moi une ombre

Qui se glisserait endormie

Tout à côté de son cœur sombre

 

Me laisserais-tu toucher ses yeux

Effleurer le rideau de ses cils

De ma bouche tendre le fil

Et allumer une bougie

 

Me confierais-tu sous le vent

Un baiser immatériel

Qui murmurerait attends

Juste au creux de son oreille

 

Me ferais-tu cette faveur

Nuit, d’ouvrir en grand les fenêtres

Et faire passer la chaleur

Lorsque j’écris le mot peut-être

Feu rouge, feu vert

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Moi j’aime les lumières de la ville

La fumée des automobiles

Et les idées qui défilent

Aussi vite qu’un papillon

 

J’aime ce grand capharnaüm

Babylone qui déconne

Dans un camaïeu de gris

Quand la nuit dilue le bruit

 

Voyageur des trottoirs

Baladin des grands bazars

Nomade dans le miroir

Télescopique de mes envies

 

J’aime les couleurs en mélange

Jusqu’à ce qu’elles virent étranges

Et puis ce point d’interrogation

De mes mauvaises fréquentations

 

Moi j’aime cette odeur d’absence

Au relent aigre de l’essence

Que tous les feux passent au vert

Pour que j’essaie d’ garer les miens…

 

Son île

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Il fait nuit quand on voit

Cet oiseau mémorable

Même quand le ciel est bleu

Il trimbale le noir

Et son regard éclair

Semble chercher sa proie

C’est moi.

Il a piqué sur moi

Puis s’est laissé planer

À quelques mètres à peine

Il a lâché un gant

La main légère s’envole

Et délicatement

Effleure mon épaule

En caressant ma peau

C’est doux.

L’oiseau a disparu

Ne reste que le tissu

La pensée du vaincu

Délestant son fardeau

Je le presse un instant,

Odeur du printemps

Une goutte salée

L’a rendu transparent

C’est fini.

Reconnaître le signe,

Rêver devant la toile

Faire naître une pensée

Parler avec la pluie

Écrire une autre histoire,

Chercher encore

Son île.