polisse
Film français de Maïwen en salle le 19 octobre
prix du Jury Cannes 2011…
Allons-y sans détour : quitte à détourner le titre d’un film de Pialat, autant poursuivre dans la provoc’ en usant du sigle de la Schutzstaffel dont la traduction : « escadron de protection » colle si bien à la Brigade de Protection des Mineurs dont l’auteur entend ici nous dépeindre le quotidien, les aléas, les difficultés, etc. de ce noble métier ; j’ai nommé les policiers…
Ce film de 2heures et 7 minutes, salué par la critique quasi unanime et couronné à Cannes, était décrit comme LE film choc, voire le brûlot qui faisait entrer Maïwen dans la « cour des grands » en s’attaquant à un sujet de société. Soit.
L’orthographe enfantine suggérée par le titre dit à peu près tout de son contenu : sous couvert de traiter de l’enfance maltraitée (une dizaine de cas est survolée de manière pour le moins superficielle) la spectatrice se farcit la vie privée très malmenée de ces fonctionnaires assermentés, avec amours contingentes, sorties en boîte de nuit, divorce, séparation… à la clé. On est très très loin du film de société vendu par les média donc et les acteurs participent de la supercherie en jouant du label « film d’auteur » pour donner libre cours à leur talent. Lors de l’avant –première, Karin Viard ne s’est-elle pas enorgueillie d’avoir travaillé « pour très peu » comparé à ses habituels cachets, mais ne rien regretter au regard du résultat, qui a « changé son regard sur la police » !!!! HELP !!!!!!!!!!
Après avoir vu ce film soutenu, je l’espère, par Claude Guéant et son Ministère de l’Intérieur, vous ne serez plus choqués d’assister, impuissants, aux descentes de police dans un camp de Rom, puisque vous saurez désormais que c’est pour le bien des enfants !
Les policiers exercent un dur métier, on ne le dira jamais assez, et on apprend dans ce long métrage, inspiré d’un documentaire et tourné de manière la plus « réaliste » possible qu’il s’agit en fait d’un sacerdoce dont JoeyStarr est l’avatar le plus troublant. Ne ratez pas la larme qui pointe à son œil gauche et décrit une mini trajectoire sur l’arête de son nez, alors qu’il serre sur son cœur un petit enfant Noir arraché aux bras de sa mère….
Du reste, ce film basé sur un casting idéal, se regarde sans ennui, ou presque, s’il ne trimballait derrière lui une somme de lieux communs éculés. Il s’agit donc de le visionner comme une des innombrables séries télé dont les français sont si friands. Mais pas plus ! Aucun point de vue sur la société tenant sa part de responsabilité dans ces dérives, pas d’explication sur ces violences exercées sur les enfants, si ce n’est le soin que met la réalisatrice à nous prouver qu’elle se retrouve également dans les beaux quartiers parisiens…. Ne fâcher personne, donc et surtout pas la Police qui, nous ne le répéterons jamais assez est là pour protéger et servir les citoyens décérébrés que nous sommes devenus….
Pardonnez-la, Pialat !
POLI E





sans vouloir jouer les Cassandre, voilà le résultat en forme de dommage collatéral :http://www.montpellier-journal.fr/2011/09/un-camp-de-roms-evacue-douze-heures-apres-le-passage-d%E2%80%99aubry-a-montpellier.html
navrant!
excellente votre critique
Votre critique est proche du négationnisme. J’aime cette tendance bourgeoise à taper sur la police en attendant d’être heureux qu’elle soit la.
On sait très bien que la police descend dans les camps de Rom parce que Sarko la demandé, vous regardez quotidiennement le 13h de TF1, et si Pernaud le dit …
Oubliez-vous qu’en France il y a une justice (critiquable surement), et des procureurs qui ordonnent les descentes (la police ne décide rien de cela) pour diverses raisons : Occupation illégale de champs, Arrestation de justiciable, et protection des mineurs (raison insuffisante pour vous ?) et déportation également (oui je ne suis pas en accord avec ce dernier point !)
Ce film dépeint plus ou moins bien la difficulté du métier de policier, cela vous pose un problème également que policier soit un métier difficile ? Je trouve que le film trace assez bien la manière dont les hommes et les femmes sont affectés parce qu’il voit… La police est un métier destructeur. Comme Pompier ou urgentiste, mais eux ont bien plus de reconnaissance, puisqu’il n’ont pas jumelle au bord de l’autoroute.
Je suis bien conscient de la déficience d’image de la police, mais rarement en accord avec la critique gratuite des hommes qui se cachent sous l’uniforme. Et je peux vous affirmer qu’il n’y a pas besoin d’être dans la brigade des mineurs pour voir des affaires du genre de celles dépeintes dans le film. Je suis fils de flic, et j’ai vu mon père se consumer année après année.
Juste pour ôter un doute, je vote à l’extrême gauche. Je ne suis pas un supo de l’état répressif qu’offre la droite. Mais je respect ce métier simplement.
négationniste, carrément? comme vous y allez Matthieu! je critique un film, j’ai le droit? je ne crois pas avoir dit quoi que soit concernant la police républicaine, indispensable évidemment, c’est l’utilisation sous forme de « téléréalité » qui m’insupporte, je parle de l’œuvre et pas du sujet (qui n’en est même pas un, d’ailleurs) j’aime pas trop le discours subliminal qui sous-tend le film et je crois qu’en République, enfin pour l’instant, la liberté d’expression est encore tolérée… et puis, dans la masse des critiques dithyrambiques, je ne pense pas peser grand chose dans la longue vie de ce film propagandiste au large succès
Allons, camarade, en comprenant votre implication pour le sujet, je vous demande juste de ne pas me faire dire ce que je n’écris pas, ok? merci d’avance
et merci Pierre au passage
de rien mme Lucide !
M n’a pas l’air d’avoir saisi que vous parliez d’une fiction, et non des flics en général…
J’ai détesté le film. Pas parce que c’est une oeuvre de « propagande policière » ou je ne sais quoi mais parce que Maiwenn y réussit l’exploit de rendre une copie misérabiliste, racoleuse, minable de démagogie, de boursouflure (la fin, immonde) et de bêtise. Non, Maiwenn ne revalorise pas la condition des policiers, en aucun cas, elle ne met en avant que la BPM, évidemment, pour un rendu évidemment politiquement correct, gagné d’avance comme j’ai pu le lire dans certaines critiques avisées. Parions que si elle avait fait un film sur les Stups, il aurait été nettement moins bien accueilli …
Mais, le plus abject, là dedans, c’est la tentative faiblarde de la réaliste qui voudrait nous faire oublier que son « film » ne vaut pas un clou : le racolage. Alors bien sûr, on aura le droit à un petit lot de dégueulasseries en tous genres, surtout verbales, par ailleurs.
Le hic, c’est que Maiwenn n’est pas Pasolini qui, dans Salo parvenait à rendre une certaine grâce et à appuyer un propos particulièrement intéressant, et son film n’est rien d’autre qu’une coquille vide, sans fondement.