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Love Manon

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manon 17ans

C’est une île Manon
Une île imaginaire
Nul n’en a la clé
Envolée
Dans ses rires de grelots

C’est l’horizon Manon
Comme une ligne de démarcation
Entre la peur et l’imagination
Dans les yeux de Manon

C’est un champ de blé Manon
Un jour venteux d’été
Où l’on ne peut faucher
Les cheveux de Manon

C’est aussi toutes les saisons
Toutes les couleurs
Les barrières de la raison

C’est tous les éléments
L’eau de ses larmes qui coulent
Sur les vallées de ses joues en feu
Et qui déboulent
A l’orée de sa bouche rosée
Aussitôt avalées
Dans un rire cristallin

Le rire de Manon
Ce sourire
Sa main
Demain

Avant le dernier tunnel

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C’est lui qui l’avait remarquée le premier. Rien ne semblait pouvoir distraire la jeune femme, installée sur une chaise métallique, plongée dans sa lecture : ni les enfants bruyants qui exigeaient des confiseries de leurs parents déconcertés, ni les touristes avides qui photographiaient, réflexe automatique, sans vraiment regarder, ni les habitués résumant le dernier épisode du feuilleton de la veille.Il s’était approché et du bout de sa canne avait relevé la couverture du livre. Dans un geste de défense, elle avait retiré ses écouteurs et froncé les sourcils.
« – Le tunnel ? Intéressant » commenta le vieil homme en s’asseyant sur la chaise voisine. Puis il s’était tu. Difficile à présent de prolonger la lecture ; elle se mit à observer le profil de l’inconnu. Il somnolait, à l’ombre, sous un chapeau de paille. Régulièrement, il sortait de la poche de son pantalon un immense mouchoir avec lequel il s’épongeait le visage, retirait son chapeau pour s’éventer un peu et refermait les yeux. Une chevelure argentée, fournie, un petit bouc aussi blanc, minutieusement taillé, d’épaisses lunettes en écaille et une chemise immaculée conféraient au vieillard une allure élégante.
La jeune femme avait fermé son livre, allumé une cigarette et s’était levée.
« – Vous me quittez déjà ? Je ne me suis même pas présenté. Je m’appelle François, et vous ?
- Clarisse
- Très bien. Alors, peut-être à demain, Clarisse.
- Euh…au revoir monsieur »
Dans la soirée, Clarisse se surprit à penser à sa rencontre de l’après-midi. Cette façon cavalière de se servir de sa canne, presque comme une arme, la pause qui avait suivi, noté cinq sur cinq sur son échelle qualitative du silence, enfin, la courtoisie toute simple entre deux êtres humains qui s’apprêtent à faire connaissance. Elle chassait pourtant cette idée ridicule d’honorer un rendez-vous avec un inconnu, si mystérieux soit-il.

Lorsqu’elle se rendit au parc, le lendemain, il l’accueillit en lui tendant la main et l’invita à prendre place à ses côtés.
« – Heureux que vous soyez venue, finalement. Je finissais par ne plus trouver d’excuse valable pour dissuader les importuns de s’emparer de cette chaise. » . François souriait. Clarisse confiera bien plus tard que ce premier regard échangé avait scellé entre eux un pacte sacré : il ne saurait rien de sa vie, elle n’en apprendrait pas plus sur lui.

Pendant toute une semaine, ils se retrouvèrent ,pour parler musique, peinture et littérature. Il racontait aussi Paris à cette provinciale arrivée par hasard, sans que ses propos ne s’altèrent d’une quelconque nostalgie qu’il laissait, c’étaient ses mots, aux « imbéciles ».
« – Vous comprenez, Clarisse, ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que l’ Histoire ne s’arrête pas. Elle est en mouvement, toujours… »
Le premier jour de la semaine suivante, François ne vint pas. Clarisse en fut profondément affectée, envisageant différents scénarios, se maudissant de ne pas lui avoir demandé son adresse ou, au moins un téléphone où le joindre. Elle attendit en vain.
Mais le lendemain, il était là, à la même place, aussi immuable que l’arbre qui lui offrait son ombre. Elle remarqua cependant sa difficulté à se lever, le sourire trop large qui masquait mal une grimace de douleur. Face à son inquiétude, il avait révélé la vérité sans fausse pudeur. Abrupte et tranchante : il allait mourir, ce n’était qu’une question de jour. Il ne laissa pas à son interlocutrice le temps de s’apitoyer. Il lui proposa une « expérience » qu’il avait imaginée avec son éditeur et qu’il ne voulait partager qu’avec elle.
Il s’agissait d’assister à l’arrivée de la mort. Rien que ça. Elle n’aurait pas à subir les inconvénients de la dégénérescence ou de la souffrance. Il lui suffirait de recueillir ses dernières pensées, ses sentiments, tels qu’ils se présenteraient. Il avait tout prévu, était bien entouré. Tandis qu’il lui confiait sa dernière volonté, Clarisse pleurait doucement, partagée entre la colère contre cet attachement soudain pour ce vieillard indigne et la simple tristesse de perdre aussi vite un ami. Mais elle n’hésita pas, accepta immédiatement.
« – Non, non ! Vous n’avez pas compris. Réfléchissez, vous me donnerez votre réponse demain. Je ne cherche pas une main tendue pour mon passage, mais une oreille attentive. Votre qualité d’écoute est grande. Vous serez en quelque sorte, ma secrétaire éphémère et ce travail sera rétribué.
- Il n’en est pas question, s’était-elle indignée
- Dans ce cas, tant pis ! Au revoir Clarisse
- Attendez ! C’est d’accord, je vais réfléchir. A demain ?
- C’est ça, Clarisse, à demain. »
Arrivée en avance, elle avait couru à sa rencontre, son petit sac de voyage à la main. Marchant bras-dessus, bras-dessous, il l’avait félicité d’avoir emporté ses affaires et lui avait demandé si elle ne voyait pas d’inconvénient à ce qu’ils se rendent immédiatement chez lui, il se sentait fatigué aujourd’hui. Il habitait à deux pas, au deuxième étage d’ un immeuble haussmannien. Son secrétaire-majordome, apparemment au courant de la situation, semblait voir d’un mauvais œil l’arrivée d’une étrangère dans leur vie parfaitement ordonnée. Il se montra distant, presque condescendant vis-à-vis de Clarisse.
Les premiers jours se déroulèrent tranquillement. Ils partageaient leur repas livré par le restaurant où il avait ses habitudes. François tenait à revoir les films de Fellini que Clarisse ne connaissait pas. Il n’écoutait plus que Schubert, écrivait et lisait autant que ses forces le lui permettaient. Leur silence studieux allait jusqu’à faire douter la jeune femme : elle se disait qu’au fond, le vieil homme se satisfaisait de sa seule présence et qu’il n’était pas plus malade qu’elle. Elle repoussait cette idée morbide et il l’y aidait bien : ne se plaignait jamais, se montrait un compagnon agréable et son intelligence, pointée d’humour la fascinait toujours.
Clarisse fut réveillée dans la nuit du vendredi au samedi par le secrétaire-majordome vêtu d’un pyjama rayé. « Il vous demande ». Elle enfila un jean et un pull et se rendit au chevet de François. « Ça va aller, Clarisse, ne vous inquiétez pas ». Une seringue, posée sur une soucoupe sur la table de nuit, annonçait l’indicible.
« – Que dois-je faire ?
- Vous avez de quoi noter ? Là, sur le bureau..
- A quoi pensez-vous ?
- Vous allez rire
- Arrêtez vos conneries, euh, pardon
- Je pense à mes arbres
- Quoi ?
- Les arbres de mon enfance, que j’enlaçais de mes deux bras. Ils grandissaient avec moi, je n’ai jamais réussi à en faire le tour.
- Vous pleurez
- Mais non ! Ecrivez !
- J’écris, je vous écoute
- Je pense à vous…
- Encore des inepties
- Vous allez vous taire à la fin ! Je pense à vous, vous dis-je. Je vous ai menti. Je suis un vieil homme qui meurt et qui jusqu’à la fin a aimé. Je vous aime. Inutile de protester, il est trop tard. L’amour ne nous quitte pas, jamais. Même quand on est trop vieux, même quand on va mourir.. attendez..
- J’attends
- Je vois ma mère. Qu’elle patiente encore un peu. Donnez-moi votre main. La vie a été belle, puisque vous êtes là. C’est drôle… je pense à tout, d’un coup, comme un ensemble. La vie comme un bloc de granit. Il n’y a pas à trier. Le bon ou le mauvais. C’est un tout. A prendre ou à laisser. Je voudrais la prendre, une dernière fois. Vous apprendre, vous…
- François !
- Chut, ce n’est rien. Non, ne bougez pas, restez là, laissez moi sentir encore. Laissez-moi respirer encore un peu de cet amour. J’ai de la chance. Jusqu’à mon dernier jour
- François !
- Je ne vous quitte pas. Approchez encore un peu. Vous avez peur ? Je vous dégoûte ?
- Mais non !
- Votre voix tremble, votre main aussi. Vous êtes si jolie.. »
Clarisse ne nota rien. Elle laissa sa main posée sur les yeux qu’elle venait de fermer. Elle ne pleura pas. Elle prépara ses affaires et quitta à l’aube l’appartement endeuillé. Au moment de partir, le secrétaire-majordome glissa une enveloppe dans la poche de son imperméable.
Elle réalisa brutalement, alors qu’elle dévalait l’escalier, qu’elle ne connaissait pas l’âge de François.

Animal, on est mal…

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J’ai un chat dans la gorge
Qui me fait miauler des vers
Comme Arletty dit  atmosphère

J’ai une langue de vipère
Si satisfaite à susurrer
Gros mots du vocabulaire
Suspendus à son crochet

J’ai la même vue qu’une taupe
Je circule dans la boue
En me nourrissant de vers
Négligés pour une daube

Avec mon nez de perroquet
Je m’accroche et je picore
Les quelques grains d’idées
Que sème la vie, récolte la mort

A ma chevelure s’emmêlent
Bien d’autres petites bestioles
Qui m’démangent, je m’en arrange
En grattant, non, je rigole

De passage devant ma cage
Dans ce parc animalier
Inutile de m’approcher
On n’ vaccine plus contre la rage

Je n’écris que pour toi

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TABLEAU

Je n’écris que pour toi et puis je mets les voiles selon nos magnitudes
Aucun répit, aucune vague à mon âme, pas d’larmes sur mon ennui
Je n’écris que pour toi puisque tu m’as trouvée et tu as pris ma main
C’est ta plante qui me soigne à la pénombre qui verdit
Je n’écris que pour toi à l’orée d’une étoile qui changera de camp

Éclairée  dans l’orage, toi entr’aperçu à peine, j’ai peur, mais
De la vase bouillie, je suis sortie pour me fondre dans ta coutume
Je n’écris que pour toi, t’as vu que j’avais faim, c’était comme un affront
Ou encore un aveu
Je n’écris que pour toi et j’oublie jusqu’au songe et jusqu’à ma fierté
Cet instrument à l’encre que toi seul tu accordes
Je n’écris que pour toi
La hyène teinte au henné dans une jungle civilisée a pleuré, c’était trop
De cuir, la peau parcheminée
Quelle confusion!

C’était dans un jardin, souviens-toi, y’avait même Guignol
Des statues érigées poussaient à l’aveuglette telles des stalactites
Et nos cœurs en absence battaient du même rythme incertain
La nuit tombée m’a faite dépositaire, enfant de firmament
De nos deux initiales blanchies à la chaux
Nous attendions un signe
Je n’écris que, je n’écris que pour toi
Et toi seul immobile, toi seul en mon jardin
Tu relies la musique de nos futurs hivers
Et c’est ça !

jamais d\’autre que toi Bashung / Desnos

EntreSol

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Le sédentaire quittant le cimetière au lever de la nuit
Pressait du talon les plants de pissenlits
L’espoir collait à l’herbe ses petits pistils
Hors de la chaussette  gisait le cauchemar de l’urne
Qu’entourait le souffle vague du filleul de Satan
L’acuité se dissimulait contraire au vent
Du Temps qui Passe
Et s’échouait en pesant chaque heure de chaque semaine
Le vieil homme voulait qu’on le devinât bien et de face
Serais-je offerte au fonctionnaire de l’amour-mort
Et de la ligne noire sous forme blanche que vous ne nommez pas oubli
Les cendres s’éteignaient brusquement loin des saules pleureurs
L’homme éclairé se pencha sur la voie de chemin de fer
Dans le hall de la gare les silences se faisaient obliques
Les parjures de jour semblaient d’abord rendus :
Les poissons séculaires les coups de poing dans l’eau
S’écartaient au bassin du vieillard disgracieux
Attrapé sur le fil des opaques rancœurs
Une usine se fermait chaque nuit
A la porte on liquidait tout espoir d’avenir
Et tout le monde survivait maintenant grâce aux aides gouvernementales
Des menteurs qu’on ne sait s’ils sont plus froids que les réalités tombales
Les autres contrairement à l’homme commençaient à voler
Par delà la haine il ne sort qu’un soupçon de souffrance
Mais rien ne la divise
J’ai actionné la sirène du premier mercredi du mois
Mais le ver qui rampait sous la plante aliénée
Un jour loin de  la vision de Jean Jaurès
M’a caressé la peau muant comme un lézard

Sophie Lucide, a-t-il gueulé, dégage !

La curée

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J’aimerais bien que les zélites pseudo- philosophes m’expliquent un truc : en quoi devrais-je me sentir « déshonorée », « bafouée », « humiliée » même parce qu’une équipe habillée de bleu aurait perdu trois ou vingt-trois matches de futchebol ?

Pourtant j’avoue faire partie de ce petit peuple sur lequel les bobos s’entendent à tirer à la hâte des leçons de morale à l’emporte pièce, j’ai vécu dans les « ticés » citées par ces fils de bourges apeurés par la seule vision d’une personne ne partageant ni la couleur de peau, ni le langage emprunté, ni la politesse hypocrite….

On est OBLIGES de chanter la Marseillaise ? On est OBLIGES de se sentir blessés dans sa chair parce qu’une équipe de gogos, entraînée par un neurasthénique et gérée par une bande de séniles a perdu le pari de relever la France de son marasme ??????????????????

On est OBLIGES d’aller brûler un cierge à l’église pour que la guerre civile soit évitée ?

Calmez-vous les bobos, vous aurez encore de beaux jours devant vous, votre retraite ne sera jamais menacée, ni même vos vacances de cet été ; les journaux pleurant sur la courbe des ventes qui ne cesse de fléchir continueront de vous acheter à prix d’or vos éditos puants.

J’en peux plus de vos raccourcis grotesques, quand allez-vous comprendre à quel point vous êtes à côté de la plaque ? Quand allez-vous cesser de mépriser le petit peuple qui a le tort de s’enjouer d’un sport auquel vous n’apposez que votre vision mesquine et dédaigneuse ? C’est à gerber vos tirages de sonnettes d’alarme !

On a perdu ? Et alors ? Vous pensiez réellement qu’une qualification allait effacer l’incurie des gouvernants, en nous épargnant votre répugnant léchage de bottes ? Mais le cas échéant on aurait eu droit aux mêmes raccourcis fallacieux, y’a un moment où il faut arrêter de prendre les gens pour des cons, incapables de se forger seuls une opinion sans votre « éclairage » au néon !

C’est quoi au juste les consignes que vous vous entendez à appliquer à la lettre ? (ou pire encore que vous anticipez, histoire de sauvegarder vos avantages, vos privilèges…) : «  embrouillez-les, rappelez-leur les VALEURS qu’on se tue à leur faire entrer dans le crâne enfumé d’opium, bref, parlez, déblatérez, et laissez-nous continuer nos magouilles en paix…ad lib…) »

MAIS QU’EST-CE QU’ON ATTEND POUR FOUTRE LE FEU ?

http://www.youtube.com/watch?v=8C8eKAKf5Cw

Faisons un rêve…

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Je ne sais pas vous, mais plus je vois les guignols en tous genres et particulièrement les « philosophes » venir nous expliquer en quoi les Bleus sont symptomatiques de la déliquescence de notre société, plus ces derniers me deviennent sympathiques. Au point que je rêve d’une victoire assortie d’une qualification en 8ème pour me tordre à l’avance du double salto arrière que les moralisateurs rétrogrades seraient capables d’’opérer pour nous convaincre qu’ils avaient raison.

Puisqu’il ne s’agit que de ça, ne nous leurrons pas : la théorie de l’implosion de nos bonnes valeurs face à la guerre civile que nous prépareraient en loucedé les frustrés de la décolonisation. J’ai lu cela et bien d’autres conneries du même genre par des personnes apparemment saines d’esprit, aptes à transmettre leur « savoir » et leur « sagesse »…

Les nostalgiques du chaos, les fachos bon teint, les neuneus qui n’existent que lorsqu’ils réussissent à sortir une morale à deux balles….font florès, leurs propos frisant le néant de la pensée semblent s’exalter soudainement de constater à quel point nous sommes au bord d’une révolution qui les fera encore exister un moment.

TOUT ÇA POUR UN JEU DE BALLON, rappelons-le !

Étrange tout de même de constater que ces mêmes personnes à haute valeur intellectuelle ajoutée restent étonnement muettes face à l’attitude ET les faits avérés d’un gouvernement de voyous dont la seule vertu est de ne pas s’insulter ( du moins, dans ce cas, aucun canard ne propagerait ces propos…) ;on veut bien déployer le catastrophisme, mais sous certaines limites qui ne remettraient pas en question l’indigence de nos gouvernants….

Oui, aujourd’hui, à l’heure grave d’un match capital, j’aimerais entendre les gentils s’exclamer sur une action de l’horrible Ribery, s’enjouer d’une main du buteur Henry,  se signer face à une panelka de Gourcuff, s’exalter devant l’arrêt d’un gardien habité, etc etc…

Alors, alors, on pourrait revenir à un chouïa d’objectivité, replacer les priorités, et faire démissionner un par un les membres d’un gouvernement mafieux… Mais il est temps de me réveiller, la France est un pays schizophrène, les français avalent la soupe qu’on leur sert sans grimacer, c’est le peuple de Pétain qui, la main sur le cœur, faisait don de sa personne au pays, il y a de cela 70 ans, c’était hier…. A la libération, De Gaulle l’avait gracié, qu’en sera-t-il du  » martyr » Anelka qui a ouvert les yeux crottés d’un pays qui ne sait que s’effaroucher en chœur mais reste incapable d’agir ?

Les Bleus entreront dans les anales

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Cocorico ! Sus à la performance, les Bleus doivent vendre du papier, coûte que coûte. Du papier chiotte, il va sans dire,  qu’on use en grande quantité pendant une crise de foi(e).  Du papier qu’on déroulera jusqu’au carton (rouge), à l’effigie de ces têtes de nœuds qui décident à présent de se rebeller en refusant l’entraînement ; c’est ça la France !

Le mauvais scénar’ qu’ils nous jouent  donne à ce mélodrame aux  forts accents comiques une touche nostalgique reprise en chœur par les vétérans de 98 mobilisés à fond pour rendre au drapeau ses couleurs héroïques. On les a sortis du placard pour qu’ils nous rappellent la grandeurrrr de notre charmant pays, son courage légendaire, son patriotisme bon teint.  Help ! Mayday !

Enfin, grâce à cette équipe de branquignoles, les français peuvent mesurer l’étendue de la Crise, pleurnicher sur les valeurs éternelles bradées sur l’autel de l’argent-roi, mobiliser leur non moins légendaires contradictions et se tourner une fois de plus, une fois de trop vers un passé plus que trouble qu’on s’obstine à rendre translucide en en vantant les mérites éculés n’ayant jamais existé.

A l’heure où il est devenu à la mode de cracher sur la psychanalyse freudienne, il serait tout de même intéressant de s’interroger sur cet épisode scatologique où tout un chacun trouve un certain plaisir à rouler dans cette fange nauséeuse, à y mêler ses sucs gastriques et à observer à la loupe le produit inconsistant qui en découle.

VIVE KAKA !

http://www.youtube.com/watch?v=qnB4iBQKMtc

La France ne pense qu’à son trou d’balle, c’est grave docteur ?

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A la une du quotidien bible des sportifs, en lettres aussi noires que grasses, les insultes qu’aurait proférées Anelka  ; le conditionnel est de rigueur mais l’impératif s’impose quant à reconnaître que ces mots ou d’autres du même acabit ont été prononcés par chacun des téléspectateurs visionnant un match pitoyable, y compris devant ses chères têtes blondes, nouvel alibi grotesque en forme de rappel à l’ordre : le sport est l’école de la vie, l’élite doit montrer l’exemple, etc etc…

Si bien qu’on en appelle aux plus hautes instances de l’Etat, enfin, façon de parler. Le petit président assure que ces propos sont inacceptables dans un rictus narquois nous rappelant aussitôt la force d’autres de ses bons mots à l’usage des « pauv’cons » et autres racailles à karchériser ….

Ces derniers temps la sodomie semble être devenue la nouvelle obsession des media qui diffusent en se pinçant le nez des propos outranciers pour mieux s’en dédouaner ; Hier France Inter (« j’encule Sarkozy ») aujourd’hui l’Equipe («  je t’encule, sale fils de pute ») ne sont finalement que l’écho  navrant du mot d’ordre de notre cher président, au « parler-vrai », adepte de la « real politic »…

Voilà où nous en sommes : notre petit pays déjà rabougri obsédé par son trou d’balle qui s’obstine à regarder le monde par son petit bout de sa petite lorgnette…. Pendant ce temps, qui se fait enculer dans la plus parfaite indifférence et sans qu’aucun media ne s’en offusque ? QUI ?

A la pelle, tu suis le joint par notre président Sarkozy

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L’échec qui, depuis de nombreuses rencontres, est à l’en- tête de l’équipe française, efface celui du gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de son équipe, s’est mis en rapport avec des filles faute de relever le défi.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force tactique, enthousiaste et endurante, de nos soucis.

Infiniment plus que le résultat, ce sont les charlatans, les faiseurs d’opinions, et les humoristes  qui nous font reculer. Ce sont les charlatans, les faiseurs d’opinion et les humoristes qui ont surpris mes coachs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui.

Mais le dernier but est-il mis ? Le fer de lance doit-il disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Euh….!

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. (t’es sûr que j’dois dire ça ? Bon, ok…pff…)

Car la France au linceul ! Au linceul, au lit seule ? Elle ne peut voir pire derrière elle. Elle est sur les starting-blocks avec la mer du Nord pour dernier terrain d’foot. Elle peut gratter la terre, utiliser sans limites l’immense industrie des nouveaux retraités de la Nation.

C’est guère utile de l’répéter mais  comme un chanteur malheureux que l’on n’écoute plus, je serai celui-là. C’est guère tranché mais bien entamé, j’prends un rail pour la France. C’est guère une guerre mais au moins c’est l’ Mundial. Toutes mes fautes, tous les ringards qui m’accompagnent, toutes  vos  souffrances, n’empêchent pas qu’il y a, dans l’univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour la racaille au karcher et dix sous c’est pas cher !  Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, je pourrai reprendre du poil de la bête, maintenant que mes compatriotes ont trouvé leur tête de turc qui lui au moins n’a jamais caché son anti-jeu ; Le destin du monde des people est Voilà.

Moi, Nicolas Sarkozy, actuellement à Londres, j’invite les français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs larmes ou sans leurs larmes, j’invite les journaleux et les photographes accrédités des media d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se remettre à parler de moi.

Quoi qu’il arrive, j’m’enflamme de la résistance française à fustiger un homme qui a su se faire détester plus que moi et qu’on détestera encore.

Demain, comme aujourd’hui, je sortirai un son long….