Pas d’Accords

Pas d’Accords

Je te gore
tu me zone
Je t’appeau
je te cloporte
et te mètre
tu me gosse
tu me séant
tu m’ godasse
tu me cellulite
je te tchador
je te crise de nerfs
tu me pharisaïsme
tu me pharisaïsme
et me gant de boxe
je te traversin
tu m’embourgeoisement
tu m’embauchoir
et je te contre
tu me mirage
tu m’artifice
tu moineau
tu m’idiolecte
tu m’artefact

Je te l’une
tu me grillage
tu me thanatonaute
je te vitupérante
tu me concombre
tu m’insecticide
tu me passage à vide
et me guerre sainte
tu me borax
et me laguiole
tu me dégoût
et bouché
tu m’acrylique

Je te juke-box
je t’inquiète
tu me lance
je te manche à balai
tu m’ancillaire
et rampante
tu me fusible
tu me girouette
tu me bâtiment
tu m’inaccessible
tu m’agonie
je te vigile
je t’incidente
je te prosaïquement
tu me pétroglyphe
tu m’impasse
tu me toquade
je te toquade à mon tour
mais toi
tu m’opioïde
tu me plaie purulente
tu me Titanic
nous nous imperméable
nous nous silencieusement
coupe circuit
nous nous enthymème

tu m’astringente
je te colérique
colérique
tu me chasuble
tu me chiensuble
en m’asphyxiant
et m’avarice
tu me prédatrice
prédatrice
tu me prestige
tu m’hypostase
tu me désagrément
tu m’super glu
je t’absinthe
tu m’habitude

Je t’aspirine
je te levure
je te blanche
tu me bouillantes
je t’utérine
je te nitroglycérine
puis te rasage
je t’éclissage
tu me dealer
tu m’coton-tige
tu duplice
je te cuistre
je te bassesse

je t’oursonne

tu m’croc-en-jambe
tu m’insupportable

je seconde zone
je te forge
je t’éventre
je te stupre
je te bagatelle
je te bats
je t’ colbac
oui je t’ colbac, sonne le tocsin

Et flûte !

je te gueulante
tu m’éconduis
tu m’sanguisorbes
je te culbute
je te bisque
je t’œufs de lump
tu me saule
je t’apanage
mais toi

tu me brouillonne
tu me dealer

tu me sauternes
tu me rond d’ cuir pot de carbure
tu me prince Edouard
tu m’Olympe de Gouges
et quand j’vais tomber en panne d’essence
tu me baril
tu me stock

tu me bassine
tu me rouvre
cour du Louvre
je t’évente
parfois une demie-livre

au pied d’la pyramide
je te dis livre
je te tirelire
tu me tirelire et m’obione
je te geôle
je te ténèbres
je t’estampille
je te scie les gambilles
et si David et Goliath chantent les goémons
même en dix stances tu m’grenelle
je te vampire
si je nuis, je te vampire

je te louche
je te palet
je te ban
je t’escogriffe
je t’ulve
je te cuillère
je t’cantilène
je t’adn
je te client
je te six coups
je pistole hais
je t’amplitude
je t’sapajou
T’as pas d’veines

je te Firmin
je t’ailleurs
je te boomerang
je te caduc
je te bouzigue
je t’encombre
je te bâbord
et te fais homme
j’te tartine avec des moufles
tu t’Pâris

Je te cries
c’que tu penses

prendre corps Arthur H

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5 thoughts on “Pas d’Accords”

  1. JE TE CRIES…je te bâbord…et te fais femme! pour te dire COUCOU belle fée et t’envoyer un RO bisou jasmin…Vraiment j’apprends la poésie avec toi…et que je partage sans modération…MERCI ma belle fée Sophie de la bonne littérature…

  2. ça y est, tu l’as fait!
    je m’y suis essayé aussi, mais me suis heurté à une question qui du coup entrave ma démarche: comment a procédé Arthur H pour s’inspirer du poème de Gherasim Luca sans pour autant employer la “méthode” du pastiche?… J’hésite…

  3. je ne dirais pas que c’est un pastiche pour le coup, plutôt une version antinomique ( pas dans la forme mais l’idée)) du poème mais qui finalement revient un peu au même…

    je ne résiste pas cependant à m’aligner sur les propos de Proust (en toute humilité il va sans dire) car lorsqu’un écrit m’obsède, il me faut m’en débarrasser….

    “« Pour ce qui concerne l’intoxication flaubertienne, je ne saurais trop recommander aux écrivains la vertu purgative, exorcisante, du pastiche. Quand on vient de finir un livre, non seulement on voudrait continuer à vivre avec ses personnages, avec Mme de Beauséant, avec Frédéric Moreau, mais encore notre voix intérieure qui a été disciplinée pendant toute la durée de la lecture à suivre le rythme d’un Balzac, d’un Flaubert, voudrait continuer à parler comme eux. Il faut la laisser faire un moment, laisser la pédale prolonger le son, c’est-à-dire faire un pastiche volontaire, pour pouvoir après cela, redevenir original, ne pas faire toute sa vie du pastiche involontaire. »

  4. On aurait envie que cela dure, encore et encore….des mots pour des maux, que l’on pourrait croire sans queue ni tête alors que justement la terre est bleue comme une orange! Merci, Charlotte

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