C. Commentaires

Commentaires (de la Connerie avant toute chose…)

Il vous faudra résoudre un premier casse-tête avant de déposer votre premier texte : choisir la catégorie adéquate. Aïe ! Vous hésitez forcément entre « cours et jardins » (vous passerez l’année entière à vous interroger sur cet item sibyllin), « amour et romance » (ce dernier énoncé vous plonge irrémédiablement dans une profonde déprime) ou encore «  style, mode et beauté » (que vous trouvez suffisamment abstrait pour vous séduire). Etrangement, la catégorie « faits vécus » ne fera pas l’unanimité même si les commentaires qui suivent la majorité des textes ne laissent aucun doute sur la véracité de certains faits non encore assumés… Vous poussez un ouf de soulagement en découvrant « autres » que vous choisirez systématiquement en guise de fourre-tout.

Ceci fait, vous ne cachez pas une certaine circonspection en constatant l’absence de lecteurs de votre chef d’œuvre. Comment se faire connaître ? Où se cache la clé de la célébrité virtuelle ? Bon sang mais c’est bien sûr ! Il vous faut commenter. Changer de casquette, choisir celle de V.R.P d’opérette. D’ailleurs vous avez déjà tiqué devant le mot le plus usité du site : MERCI ! Merci du partage, merci de la lecture, merci de cette somptueuse générosité que vous nous offrez là…..Merci, merci, merci….

Certains sites plus malins ont trouvé la parade : proposer aux lecteurs cois un choix aussi large que varié d’émoticônes colorés et même animés. Dans ce cas, plus la peine de s’évertuer à commenter un auteur, il suffit d’insérer une jolie image colorée et le tour est joué.

Sinon, aussi étrange que cela puisse paraître pour un écrivant, il s’agit de déployer les grandes ailes d’une imagination débridée. Pousser le zèle à commenter un maximum de textes pour espérer un retour sur investissement. Les options à votre disposition sont hélas réduites : si vous choisissez d’ignorer les médiocres, vous resterez obligatoirement enfermé dans votre tour d’ivoire désertée. L’hypocrisie est tentante (voir H) mais elle ne fait pas partie de vos innombrables qualités. Déposer discrètement un « lu » dévoile votre désapprobation et peut passer pour de la condescendance, ce à quoi vous répugnez. Ne reste que la provocation sous forme de question habile destinée à l’auteur pour le pousser dans ses retranchements. Puisqu’il est acquis qu’écrire contient sa part de dangerosité, celui qui s’expose se doit d’assumer un minimum son discours, aussi pénible soit-il.

L’intérêt que vous portez à l’écrit que vous commentez avec lucidité sera aussitôt ressenti comme condamnation. Ca y est : vous avez dégainé l’arme fatale et votre réputation est faite. Vous êtes ce petit grain de sable tant redouté qui enraye la belle machine pourtant bien huilée. Vous avez commenté ! Vous avez osé ! Non pas pour encenser mais pour questionner et cela, on ne vous le pardonnera jamais. (En même temps, vous vous en foutez royalement puisque l’objectif est atteint : vous avez crée le buzz et désormais votre pseudo circule sous le manteau dans un agréable frisson) ça y est : vous êtes connu !

Vous ne cherchiez ni à être connu, ni à incarner la bête horrible sortie des enfers, et pourtant, vous le devenez !
Après quoi il vous suffit de dire “?” pour renforcer votre réputation et déclencher la levée de bouclier des anges guerriers bien pensants.

Deuxième rangée de perles

Résumé de l’épisode précédent :

Après avoir lu sur le site le commentaire suivant : « no comment », j’ai pensé :

« Ah, non ! C’est un peu court, jeune homme. On pouvait dire…Oh Dieu…bien des choses en somme…

En variant le ton, par exemple, tenez :

AGRESSIF : « Vraiment drôle de bibitte qu’est un tel être humain, qu’il soit masculin ou féminin… »

AMICAL : « Tu vas me piquer la première place, mais ce qui est excellent l’est ! »

DESCRIPTIF : « Ne m’en veillez pas je suis blonde et c’est dimanche »

CURIEUX : « Je crois que les administrateurs de ce site méritent un respect digne de ce nom et non pas à être soucieux d’arrêter les agissements inacceptables et honteux de quelques individus mal intentionnés. A bon entendeur salut. »

GRACIEUX : « Restez, distillez nous de ces blessures de votre âme, que vous savez à merveille retracer… vous êtes si vraie et intègre au travers de ces maux qu’ils vous restent…
merci de tout cœur pour cette sensibilité… pour la justesse de ces mots choisis…bien à vous »

TRUCULENT : « Tu es une grande “Gauguine” »

PREVENANT : « Avec un 4 je viens de le faire passer de 2,67 à 2,88 celui-ci. »

TENDRE : « Merci jolie d’âme »

PEDANT : « Car, il serait vraiment trop ridicule
D’accorder sa confiance et son attention
À qui se joue de nous avec délectation
A qui nous manipule.
Cela, même si sans hésitations
On lui reconnaît une très belle plume. »

CAVALIER : « Je suis heureux d’avoir pu vous provoquer un orgasme. »

EMPHATIQUE : « De toute façon, les auteurs que je considère se font tous incendier… »

DRAMATIQUE : « Dans peu de temps, avec leur manière de se comporter comme des rapaces pour quelques dollars, ils “glaneront” sans aucune difficulté, les cinq premières places des classements puisqu’ils auront réussi à “écœurer” tous les auteurs honnêtes, nourris, dans leurs appréciations, de sincérité et d’envie d’aimer la poésie. Quand j’y pense, pour quelques dollars!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! »

ADMIRATIF : « L’adresse avec laquelle vous jonglez avec les mots me laisse béat. »

LYRIQUE : « Monsieur Plume Noire au zéro aussi nul que son talent sans doute »

NAÏF : « Parce que j’ai choisi le Net, il reçoit et ne donne rien! »

RESPECTUEUX : « Un bien bel écrit doublé d’une leçon de morale…dont beaucoup devraient s’inspirer! »

CAMPAGNARD : « Qui peut être assez con pour avoir voté zéro à ce texte qui ne menace personne ? »

MILITAIRE : « Les courageux se sont déchaînés »

PRATIQUE : « Je ne suis pas sûr que la poésie consiste à apprendre le dictionnaire. »

ENFIN PARODIANT PYRAME EN UN SANGLOT :

« Parce que j’suis bonne fille
Et que j’aime faire plaisir
Je vais acquiescer à votre désir
L’oubli, vous demandez ?
Il vous est, de tout cœur, accordé »

Voilà, amis de lettres et d’esprit, ce que vous avez dit et que j’ai retranscrit avec l’aide d’Edmond Rostand. Merci du partage….

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